Les structures archaïques d’un colloque sur l’émancipation.


Du 19 au 22 février 2014 se tient à l’Université Paris Ouest Nanterre un colloque intitulé « Penser l’émancipation ». Mais en regardant le programme, on en vient à se demander si le titre ne relève pas de l’ironie. On se demande même comment un tel colloque est encore possible aujourd’hui. D’abord, lorsqu’on regarde le programme des grandes conférences plénières, on constate que, sur 14 intervenants, il n’y a que 4 femmes.

PENSER EMANCIPATION

Mais peut-être plus significatives encore que cette donnée, sont l’organisation des séances, la répartition sexuelle du travail théorique et la façon dont elles révèlent les structures mentales des organisateurs : aux hommes l’utopie, la lutte contre le capitalisme, le futur ; aux femmes, le patriarcat, le genre, le féminisme ! On est bien loin ici de l’émancipation et des pratiques de l’invention théorique et politique ! En disant cela, je ne mets évidemment pas en cause les intervenantes, et notamment Joan W. Scott, dont une bonne partie du travail a consisté à montrer le caractère politique et mutilant de tels dispositifs.

Dernier mot, on remarquera que l’une des 4 femmes invitées est Houria Bouteldja – ce qui montre que si le colloque veut se situer « au-delà de l’impérialisme » il ne semble pas vouloir se situer au-delà de l’homophobie.

Bref, ce qui s’annonçait comme un colloque sur l’ « au-delà » pourrait bien être une cérémonie de retour à l’esprit du Parti Communiste des années 1950.

Publicités
Cet article a été publié dans Gauche, Genre, Interventions, Vie intellectuelle. Ajoutez ce permalien à vos favoris.